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	<title>Themis Association Pour l&#039;accès au droit des enfants et des jeunes - Strasbourg / Mulhouse - Alsace</title>
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	<description>Pour l&#039;accès au droit des enfants et des jeunes</description>
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		<title>20 ans après l&#8217;adoption de la Convention internationale des droits de l&#8217;enfant.</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 08:48:33 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La reconnaissance internationale des droits de l&#8217;enfant a 20 ans. Progrès fulgurant pour l&#8217;humanité même si la concrétisation dans de nombreux états reste timide. Nous savons qu&#8217;il y a trop d&#8217;enfants au travail, exploités sexuellement, ou engagés dans des conflits armés de parlement. Mais leur sort ne sera adouci que si leur pays trouve un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La reconnaissance internationale des droits de l&#8217;enfant a 20 ans.<br />
Progrès fulgurant pour l&#8217;humanité même si la concrétisation dans de nombreux états reste timide. Nous savons qu&#8217;il y a trop d&#8217;enfants au travail, exploités sexuellement, ou engagés dans des conflits armés de parlement. Mais leur sort ne sera adouci que si leur pays trouve un niveau de vie satisfaisant.</p>
<p>Qu&#8217;en est-il en France ?<br />
Sans oublier que nous ne sommes pas partis en 1989 d&#8217;un temps zéro, puisque les prémices dans notre pays étaient importantes, la convention a cependant permis l&#8217;impulsion d&#8217;avancées considérables.<br />
Le regard sur les enfants, leur statut social ont fortement changé. D&#8217;aucuns s&#8217;autorisent à dire que nous sommes dans l&#8217;ère de l&#8217;enfant roi, de l&#8217;enfant précieux. Contentons-nous de constater qu&#8217;enfin l&#8217;enfant est devenu une personne à part entière, avec sa spécificité d&#8217;enfant, c&#8217;est-à-dire en devenir nécessitant une protection particulière et une éducation adaptée.</p>
<p>Une réalisation emblématique en lien avec la CIDE est sans nul doute l&#8217;instauration du défenseur des enfants en 2000, institution indépendante qui garantit un regard délibérément tourné vers les droits des enfants, hors de toute contingence politique.</p>
<p>C&#8217;est sans nul doute en matière de protection de l&#8217;enfant victime que la France a réalisé  les progrès les plus considérables.<br />
D&#8217;une part la répression a été renforcée à l&#8217;égard de toutes les infractions sexuelles commises sur les enfants, avec l&#8217;introduction de l&#8217;extranéité, permettant de juger sur le territoire français des auteurs s&#8217;étant livrés à du tourisme sexuel, ainsi que l&#8217;élargissement de la prescription à une période de 20 ans après la majorité. Si les peines sont alourdies, les mesures de contrôle avant ou lors de la libération de l&#8217;auteur sont nettement accentuées. Ainsi, les textes posent des exigences d&#8217;expertise psychiatrique préalable à tout aménagement de peine et donnent aux juridictions de jugement la possibilité d&#8217;un suivi pouvant aller jusqu&#8217;à 20 années après l&#8217;exécution de la peine, garantissant à la fois une prise en charge judiciaire, éducative, voire médicale de la personne en cause.<br />
Mais surtout de nombreuses dispositions sont venues améliorer la situation des mineurs victimes dans le cadre de la procédure judiciaire : l&#8217;enregistrement vidéo ou sonore de l&#8217;audition d&#8217;un mineur victime, afin d&#8217;éviter le traumatisme de la répétition fréquente, la présence possible de tiers au cours des auditions et confrontations, la désignation d&#8217;un administrateur ad’ hoc lorsque les représentants légaux ne défendent pas complètement les intérêts de l&#8217;enfant.<br />
Un nouvel outil a été ratifié par la France et permettra encore sans nul doute des avancées dans ce domaine : la convention du Conseil de l&#8217;Europe sur la protection des enfants contre l&#8217;exploitation et les abus sexuels, adoptée à Lanzarote le 25 octobre 2007.</p>
<p>La protection de l&#8217;enfant est de mieux en mieux assurée grâce à l&#8217;adoption de la loi de 2007. Celle-ci est venue mettre l&#8217;enfant au cœur du dispositif de protection. Dorénavant, le Président du Conseil Général a la mission d&#8217;assurer sur son territoire le meilleur dépistage possible, puis de mettre en oeuvre les mesures les plus adaptées à chaque enfant.<br />
La protection judiciaire est maintenue, mais devient subsidiaire, dans le sens où elle seule peut s&#8217;imposer en cas de danger couru par l&#8217;enfant.<br />
Il appartient aux départements de prendre les dispositions utiles pour le respect de cette nouvelle législation.</p>
<p>Le droit de la famille a été totalement modifié par l&#8217;apport de la CIDE.<br />
L&#8217;autorité parentale a connu un bouleversement par la réforme introduite par la loi du 4 mars 2002.<br />
Elle est dorénavant fondée sur le principe de la co-parentalité, l&#8217;enfant ayant droit quoi qu&#8217;il arrive au maintien des liens avec chacun de ses parents. C&#8217;est ainsi qu&#8217;est née l&#8217;autorité parentale conjointe de droit en toutes circonstances, sauf exception. De là aussi l&#8217;idée de la mise en oeuvre de la résidence alternée en cas de séparation parentale. Enfin la législation privilégie en tant que parent le plus apte à se voir confier un enfant celui qui saura le plus faire respecter les droits de l&#8217;autre parent. On devrait ainsi parvenir à asseoir l&#8217;idée qu&#8217;un bon parent et celui qui fait une place à l&#8217;autre, mais, surtout, par la promotion de cette règle, éviter que l&#8217;enfant ne continue à être l&#8217;enjeu de conflits de couples qui se perpétuent au travers lui.<br />
La loi de 2002 instaure ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler la démocratie familiale. Le texte fait obligation aux parents d&#8217;associer leur enfant aux décisions qui le concernent selon son âge et son degré de maturité. Ce texte, tout à fait remarquable, s&#8217;inscrit dans la nouvelle définition de l’autorité parentale, à savoir un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l&#8217;intérêt de l&#8217;enfant. Cependant il est important de veiller à expliciter cette notion : respecter l&#8217;enfant, lui expliquer et l&#8217;associer aux décisions qui le concernent ne signifient en aucune manière abdiquer ses responsabilités d&#8217;adultes et le laisser décider.</p>
<p>La filiation est dorénavant égalitaire. Les notions de filiation légitime et naturelle ont été supprimées par l&#8217;ordonnance du 4 juillet 2005 et la loi du 23 juin 2006 a établi l&#8217;égalité entre les enfants en matière de succession et de libéralité, quelle que soit leur filiation.</p>
<p>Enfin, plusieurs textes sont venus rappeler l&#8217;impérieuse nécessité de procéder à l&#8217;audition de l&#8217;enfant dans toute procédure qui le concerne. Dorénavant, depuis la loi de 2007, un juge ne peut refuser d&#8217;entendre un enfant qui le demande, s&#8217;il en a le discernement et s&#8217;il est concerné par la procédure. Il peut toutefois déléguer cette audition.<br />
Si nous nous sommes tous réjouis de cette avancée, la vigilance s&#8217;impose pour ne pas exposer l&#8217;enfant au danger qui naîtrait de son audition à partir de l&#8217;exploitation qui en serait faite par les adultes et notamment les parents en rivalité.</p>
<p>Si l&#8217;on constate des avancées indiscutables de notre législation au soutien du respect des droits des enfants garantis par la Convention Internationale, il reste de trop nombreuses zones d&#8217;ombre.</p>
<p>Ainsi, l&#8217;on peut tout simplement et d&#8217;une manière parfaitement objective reprendre les observations que vient de faire le comité des droits de l&#8217;enfant des Nations Unies au rapport soumis par la France en application de l&#8217;article 44 de la convention en juin 2009.</p>
<p>Le comité recommande à l&#8217;État français de continuer à prendre les mesures pour que la Convention, dans sa totalité, soit directement applicable sur tout le territoire de l&#8217;État et pour que toutes les dispositions de la Convention puissent être invoquées en tant que base juridique par les individus et être appliquées par les juges à tous les niveaux des procédures administratives et judiciaires. Il convient de rappeler que le conseil d&#8217;État a ouvert la brèche pour l&#8217;application de la convention, la Cour de Cassation ne s&#8217;y résolvant qu&#8217;en 2005, l&#8217;une et l&#8217;autre juridiction estimant que seuls certains articles sont d&#8217;invocation directe devant les tribunaux.</p>
<p>Le comité regrette l&#8217;absence d&#8217;une stratégie nationale globale pour les enfants et d&#8217;un plan national pour sa mise en œuvre, craignant que cela ne conduise à l&#8217;absence de prise en considération des droits de l&#8217;enfant lors de l&#8217;élaboration des plans annuels et notamment budgétaires.</p>
<p>Le comité recommande à la France de veiller à la promotion et à renforcer le rôle de la  Défenseure des enfants par des ressources financières et humaines suffisantes, et par la prise en compte de ses avis lors de l&#8217;adoption de textes législatifs qui peuvent concerner les enfants.<br />
Cet avis récent est en totale contrariété avec le projet annoncé par le gouvernement français de supprimer l&#8217;instance indépendante de la défenseure pour regrouper ses fonctions avec celles du défenseur des droits.</p>
<p>Se déclarant préoccupé par la discrimination persistante, notamment dans le domaine des droits économiques et sociaux, qui va à l&#8217;encontre des principes de progrès social, de justice et de non-discrimination, et dont sont en particulier victimes les enfants des départements d&#8217;outre-mer, demandeurs d&#8217;asile ou réfugiés ainsi qu&#8217;appartenant à des groupes minoritaires comme les Roms, les gens du voyage et les minorités religieuses, notant que la nouvelle loi relative à la maîtrise l&#8217;immigration, à l&#8217;intégration et à l&#8217;asile, qui prévoit des tests ADN pour les candidats à l&#8217;immigration et des quotas pour les expulsions peut contribuer à susciter des discriminations à l&#8217;encontre des enfants immigrés, le comité exhorte la France à garantir une protection complète contre la discrimination, prendre des mesures pour prévenir et combattre la discrimination persistante dont sont victimes les enfants étrangers et des enfants appartenant à des groupes minoritaires.</p>
<p>Relevant un climat général d&#8217;intolérance et une attitude négative du public envers certains enfants et jeunes vulnérables, vivant dans la pauvreté, appartenant à des minorités ou vivant dans les banlieues, le comité demande d&#8217;y remédier par une attitude positive et constructive notamment dans les médias, à l&#8217;école, et dans la police.</p>
<p>S&#8217;agissant de la justice des mineurs délinquants, le comité s&#8217;inquiète de l&#8217;éloignement des normes internationales et demande que soient renforcées les mesures de prévention, que le recours à la détention soit en dernier ressort et pour la durée la plus courte possible, à ce que les enfants âgés de 16 à 18 ans ne soient pas traités différemment des moins de 16 ans et encourage le développement des mesures de réinsertion et des peines de substitution à la privation de liberté, tels que la déjudiciarisation, la médiation, la mise à l&#8217;épreuve, l&#8217;accompagnement psychologique, les services d&#8217;intérêt général, et le renforcement du rôle des familles et des communautés.</p>
<p>Le comité recommande d&#8217;établir un âge minimum de la responsabilité pénale, en veillant à ce qu&#8217;il ne soit pas inférieur à présent et à ce qu&#8217;il soit tenu compte de la capacité de discernement de l&#8217;enfant.<br />
Il reste à souhaiter que ce discours soit entendu afin qu&#8217;un débat adulte et responsable retrouve une place dans cette société aujourd&#8217;hui beaucoup trop encline au populisme pénal et à l’exclusion y compris des enfants pour peu qu’ils soient en conflit avec la loi !</p>
<p>Le comité s&#8217;émeut de la multiplication des banques de données, autrement dit des fichiers qui vont à l&#8217;encontre du droit de l&#8217;enfant à la protection de sa vie privée.<br />
Pour mémoire, il convient de rappeler que sont utilisés pour les mineurs différents fichiers :</p>
<ul>
<li> Le système de traitement des infractions constatées (STIC), à partir de 10 ans pour une durée qui peut aller jusqu&#8217;à 20 ans réunis</li>
<li> Le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), sans limite d&#8217;âge avec une conservation de 25 ans</li>
<li> Le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), sans limitation belge, pour les personnes condamnées mais aussi celles à l&#8217;encontre desquelles il existe des indices graves et concordants d&#8217;avoir commis une infraction, avec une conservation de 25 ans des données</li>
<li> Le fichier judiciaire des auteurs d&#8217;infractions sexuelles violentes (FIJAIS), à partir de 13 ans et pour des délits pour lesquels la peine encourue est supérieure à cinq ans.</li>
<li> En outre, les données relatives à l&#8217;enfance en danger sont répertoriées par le Président du Conseil Général et certaines sont transmises à l&#8217;observatoire départemental de la protection de l&#8217;enfance, voire à l&#8217;observatoire national de l&#8217;enfance en danger.</li>
<li> Enfin, le ministère de l&#8217;Education Nationale dispose d&#8217;un fichier base élève premier degré qui doit permettre le suivi du principe de nomination scolaire, par une meilleure gestion des élèves avec l&#8217;interdiction pour les parents de s&#8217;opposer à la collecte des informations du fait de l&#8217;obligation scolaire jusqu&#8217;à 16 ans.</li>
</ul>
<p>Le comité fait un certain nombre d&#8217;observations concernant :</p>
<ul>
<li> La diffusion des informations nocives sous forme électronique ou audiovisuelle</li>
<li>L&#8217;existence de traitements inhumains ou dégradants dans les lieux de privation de liberté y compris pour les enfants</li>
<li> La lutte contre toute forme de violence à l&#8217;encontre des enfants et vise à promouvoir les valeurs non-violentes</li>
<li> L’interdiction de toute forme de châtiments corporels y compris dans la famille, à l&#8217;école et dans les institutions et établissements accueillant des enfants</li>
<li> Le développement d’une assistance appropriée aux parents dans l&#8217;exercice de leurs responsabilités parentales, notamment en cas de crise et  en raison de la pauvreté l&#8217;intérêt des enfants</li>
<li> La nécessité  qu&#8217;un représentant défende activement l&#8217;intérêt des enfants sans protection parentale</li>
<li> Le souhait que la procédure d&#8217;adoption tienne compte du droit de l&#8217;enfant ne pas être séparé de sa famille</li>
<li> Le développement indispensable des programmes spécifiques de santé mentale pour adolescents (troubles de l&#8217;alimentation, addiction, suicide, toxicomanie)</li>
</ul>
<p>Le comité insiste tout particulièrement sur la nécessité de développer l&#8217;accès au droit des enfants.</p>
<p>Personnellement, je continue à rêver d&#8217;un instrument de justice internationale qui permette le respect des droits de l&#8217;enfant. Il suffit d&#8217;imaginer ce que seraient les droits de l&#8217;homme sans la Cour Européenne des droits de l&#8217;homme. Certes cette dernière intègre la Convention Internationale des Droits de l&#8217;Enfant de plus en plus fréquemment dans ses décisions et est en train d&#8217;établir des normes s&#8217;imposant ou des états à l&#8217;égard de leurs enfants.</p>
<p>En conclusion, si les avancées des droits de l&#8217;enfant dans notre pays sont considérables au regard de l&#8217;histoire, la mobilisation de l&#8217;opinion publique reste indispensable pour assurer la pleine reconnaissance et engager délibérément la France vers un respect absolu de leurs droits.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Josiane BIGOT</strong><br />
Présidente de THEMIS</p>
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