Rapports

Rapport moral

2018 a vu la confirmation de l’intérêt porté par les collectivités publiques aux actions de développement du sens de la citoyenneté auprès des enfants et des jeunes.

Après les attentats terroristes, les constats se sont succédés, de désinvestissement du champ social, de la non reconnaissance de la république et de ses institutions pour nombre de jeunes.

Themis porte depuis des années la volonté d’ouvrir au champ de la citoyenneté les enfants et les jeunes, en réponse notamment à la multiplication des actes de délinquance.

Nous avons construit un parcours d’apprentissage de la citoyenneté sur la durée d’une année scolaire, s’adressant d’abord à des enfants jeunes, à l’école primaire, puis aux collégiens et de manière plus ciblée et plus ponctuelle aux lycéens :actions d’information sur leurs droits, leur statut, la place des parents et des adultes chargés de les protéger, le rôle des élus, la lutte pour la préservation de la planète, l’inscription dans l’Europe… mais aussi de reconnaissance de l’altérité, de la différence, du respect dû à autrui et de la force de la démocratie.

Par leur investissement dans de nombreuses actions et manifestations, les enfants et les jeunes ont prouvé leur réceptivité, voire leur appétence à s’inscrire dans une société plus égalitaire, plus juste, moins violente et plus protectrice de la nature.

C’est avec enthousiasme que nous avons répondu à la demande de la ville de Strasbourg de mise en place d’un conseil des enfants du quartier de la Meinau, à partir de 3 écoles du secteur.

C’est l’occasion de rappeler notre accompagnement du conseil municipal des enfants d’Illkirch qui chaque année confirme le sens de l’engagement des jeunes élus, leur créativité pour la réalisation de projets au bénéfice de la collectivité, pour certains repris par le conseil municipal des adultes.

Mais nous poursuivons aussi notre accompagnement individuel des enfants et tout particulièrement de ceux qui sont victimes du comportement nocif des adultes.

Nous représentons leurs intérêts en exerçant la mission ô combien complexe d’administrateur ad hoc ; nous sommes certainement sur le territoire français la structure la plus désignée et ayant par conséquent la plus grande expérience ; nous avons (enfin) pris la résolution de réaliser un ouvrage sur l’exercice de cette mission et continuons d’interpeller la chancellerie sur l’évolution du statut de ce mandataire laissé pour compte financièrement et statutairement malgré l’extrême difficulté de son rôle auprès des mineurs. Rappelons que nous avons été ponctuellement désignés aussi pour représenter les intérêts de mineurs en conflit avec la loi.

S’agissant de notre rôle d’interpellation, nous avons rencontré une très forte déception lors de l’adoption de la loi du 3 /8/18 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes . Nous espérions que toute relation sexuelle entre un adulte et un enfant de 13 ans serait dorénavant considérée comme crime et que la question du consentement d’un enfant serait définitivement  éliminée des procédures Il n’en fut rien et seule est précisée la contrainte morale reprenant les avancées jurisprudentielles.

La présidence de la CNAPE nous permet de porter nos messages au niveau national, s’agissant tout spécifiquement des enfants victimes, des mineurs non accompagnés notamment. C’est ainsi que la fédération s’est associée à un recours de l’Unicef et autres organisations contre le décret de fichage biométrique des mineurs non accompagnés, au mépris de leurs droits .

Nous sommes entrés en 2019, année qui nous permettra de faire le bilan de l’effectivité des droits des enfants lors de la célébration des 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Je ne saurais oublier que le bilan aussi riche est avant tout le résultat de l’investissement de notre équipe jeune et dynamique sous l’impulsion de sa directrice. Qu’ils en soient tous infiniment remerciés.

Josiane BIGOT, Présidente de THEMIS